Hinterland : présentation

Hinterland1

 

de Virginie Barreteau – Editions Quartett

Mise en scène Alain Batis

 

Avec Raphaël Almosni – Le Médecin, Calypso Baquey – Sabine, Claude Barichasse – Le Policier, Jérémie Bédrune – L’Etudiant, Aurore Erguy – Madeleine, Camille Forgerit – Anne, Julie Piednoir – La Surveillante, Laetitia Poulalion – Catherine, Joséphine de Surmont – Joëlle

 

 

 

Scénographie : Sandrine Lamblin, Lumières : Jean-Louis Martineau assisté de Fanny Bruschi et Nicolas Gros, Costumes : Jean-Bernard Scott en collaboration avec Sarah Chabrier, Assistanat et Masques : Cécilia Delestre, Création musicale : Cyriaque Bellot, Assistante à la mise en scène : Cléo Ayasse-Senia, Régie Lumières : Nicolas Gros, Régie Son : Emilie Tramier

 

 

Cinq vierges. Cinq adolescentes à voix pure. Cinq prénoms désincarnés. Cinq bêtes farouches. Sanglées par une surveillante à l’étrange sourire dont l’unique mission semble de les soustraire à tout contact extérieur. Leur quotidien est rythmé par le chant, l’entretien du jardin, les soins au petit agneau, les jeux innocents et aucune ne dérogent à ces rituels rassurants (…) Etudient-elles les textes sacrés ? On ne sait pas. Comme on ignore qui sont ces femmes. Pour quelles raisons vivent-elles ici ? Ont-elles librement choisi ce retrait du monde ? L’auteure ne le dit pas mais distille dès les premiers mots un petit poison inquiétant. Et puis un matin de chant, l’entrée en béatitude de l’une des jeunes filles rompt l’équilibre fragile de ce choeur de femmes : Madeleine, 15 ans, « débouchée » par le ciel, se vide de son sang.

Préface de Stéphanie Marchais

 

La Surveillante fend la plaine pour trouver de l’aide. Trois hommes, un médecin, un policier, un étudiant en journalisme se mettent en marche vers le sanctuaire… Cet appel d’air sème le désordre.

 

 

Hinterland est une véritable partition sonore, musicale et poétique. Cette écriture « à fleur de peau » renoue avec la fable et raconte le passage de l’adolescence, état d’innocence, à l’âge adulte, le pays de la femme sexuée. Elle décrit les rouages et la mécanique du désir, raconte l’enfermement.

Tout comme dans La centrale et La geste des endormis, Virginie Barreteau questionne l’arrachement au pays de l’enfance en nous donnant des uppercut au ventre.

 

Pendant l’adolescence, deux terres s’affrontent, celle du dedans souvent tourmentée et celle du dehors étrangère, quelquefois incompréhensible.

La vie se manifeste dans le corps, ça pousse, ça pulse, ça craque. Les petites peaux tombent, les voix muent,

c’est le combat entre le monde intérieur et extérieur. La question des frontières, des glissements, de l’inconnu et

de la confiance.

Dans Hinterland, le monde des jeunes filles respire cette fragilité. À l’épreuve du désir, elles affrontent l’autorité,

doivent faire face à leurs peurs. Dire non. Rêver. Oser.

 

 

Hinterland conjugue à la fois universalité et contemporanéité.

La pièce nous renvoie à un besoin actuel de spiritualité, de reconnexion avec les forces de la nature et du cosmos, à une faim humaine d’absolu dans une société actuellement tournée vers la consommation à outrance et le matérialisme, une civilisation occidentale de la jouissance.

En décrivant l’expérience de cette petite communauté située en dehors du monde, la pièce raconte aussi que

tout phénomène d’isolement engendre la peur. Hinterland nous relie aux mystères, pose la question

« de l’extra-ordinaire », de l’onirisme, de la fantasmagorie et de leur traitement théâtral et musical.

 

Au coeur du cercle, c’est dans le rythme, l’espace sonore, les silences, la composition entre dialogues et chants, la vitesse de l’exécution de cette partition textuelle qu’évolue le monde des femmes. La parole se croise, s’entrelace, crée du vertige. Elle est à « orchestrer » jusqu’à se faire chant « elle-même ».

Autour du cercle, trois hommes tissent le fil du récit. Ils nous apparaissent comme « trois corps constitués », trois figures archétypales, trois solitudes réunies presque drolatiques parce que terriblement humaines.

La confrontation de ces deux mondes atteint son paroxysme dans un rêve vertigineux et angoissant où le personnage de Anne glisse vers le pays de la femme sexuée, voyage initiatique qui nous renvoie à Alice de Lewis Carroll.

 

Plaquette

Photos

La presse en parle

 

 

Création 2012 en coproduction avec La Méridienne – Scène conventionnée de Lunéville, le Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois et le Centre culturel Le Moustier de Thorigny. Avec l’aide à la production dramatique de la DRAC Lorraine. Avec le soutien financier de la Région Lorraine. Avec le soutien de la SPEDIDAM. Avec le soutien du Fonds d’insertion pour jeunes comédiens de l’ESAD-PSPBB. Avec la participation artistique du CFA des comédiens

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